A la recherche d’un appartement à Stockholm... - SeleKtimmo


A la recherche d’un appartement à Stockholm…

Par SeleKtimmo



Stockholm, berceau de Skype et Spotify, connaît ces dernières années une grave « crise de logement », à l’instar de plusieurs autres capitales européennes. Le marché du logement en Suède peut être en effet très déroutant pour les natifs ainsi que les étrangers désireux s’installer dans le pays scandinave, notamment au sein des grandes agglomérations telles que Stockholm, Göteborg et Malmö.

Ces quatre dernières années, peu de nouveaux logements ont été construits, et les prix des logements inoccupés n’ont de cesse d’augmenter, notamment au centre de la capitale Stockholm. Face à une forte demande et une offre inadéquate en tout égard, cette dernière est en proie à une véritable crise du logement et un accroissement atypique de la ségrégation sociale. Le système de régulation des loyers mis en place par l’Etat a pour but de remédier à ces problèmes en favorisant l’insertion de toutes les couches sociales. Cette régulation désormais compromise, un marché locatif parallèle voit le jour à travers des locataires qui sous-louent leur logement à des loyers plus élevés.

 

A la merci de la liste d’attente

 

Le marché de location suédois repose sur un système assez particulier. L’Agence du Logement de Stokholm (Bostadsförmedlingen) agit en tant qu’intermédiaire entre particuliers et entreprises qui louent leurs appartements vacants au sein de la commune de Stockholm. Le site requiert une inscription avec une cotisation annuelle à hauteur de 210 SEK (22 euros environ), et un revenu mensuel équivalent au triple du loyer de l’appartement proposé par le possesseur du bien immobilier. Toutefois, en fonction du quartier désiré et des appartements disponibles, l’on peut attendre jusqu’à 10 ans ou même plus, avant d’obtenir satisfaction. Cette liste d’attente appelée (bostadskö) varie d’un quartier à l’autre. Kigsjommen et Söderlamm, quartiers situés dans le centre de Stockholm, et fort prisés par les locataires, sont réputés par leur liste d’attente avoisinant les 20 ans.

Une fois inscrit, le temps d’attente est automatiquement calculé. Plusieurs critères entrent en jeu dans ce classement, à savoir la zone géographique, le nombre de personnes intéressées par la propriété, et le loyer que la personne est prête à payer. Cette dernière trouve sur le site une série d’annonces avec toutes les spécificités des logements ainsi que les exigences du bailleur à l’égard du locataire potentiel.

Au courant de 2016, ce sont 516 665 personnes qui se sont inscrites sur cette liste d’attente, avec quelques 418 logements libres, pour 72 000 potentiels intéressés. A ce rythme-là, il faudra environ 50 ans pour que toutes les personnes sur la liste d’attente trouvent chaussure à leur pied. Et encore, la liste d’attente croît de 8 à 9% chaque année.

A noter que certains parents soucieux de l’avenir de leur progéniture inscrivent leurs enfants sur le site, dès leur naissance, pour leur garantir l’accès à un logement à leur majorité.

Boom de la sous-location

Ces listes d’attente de longueur excessive rebutent plus d’une personne. En effet, la difficulté d’obtenir ces locations de première main ont poussé un grand nombre de personnes à Stockholm à louer en seconde main, ce que l’on appelle ‘sous-location’. D’autres achètent un logement, s’ils disposent d’assez de moyens pour se le permettre. Par ailleurs, ces dysfonctionnements flagrants au niveau du marché immobilier ont même poussé les fondateurs de la grande société de streaming musical Spotify, à sérieusement considérer de quitter le pays et se délocaliser aux Etats Unis. Cette pénurie de logements à Stockholm compromet la résidence de ses employés, issus de plus de 48 pays différents, qui se trouvent obligés d’acheter des propriétés pour se loger.

Ladite sous-location est un fléau qui contribue à l’exacerbation des problèmes d’ordre immobilier que connaît la capitale suédoise. Certaines personnes, parvenant à se hisser au haut de la liste, obtiennent un logement qu’ils sous-louent à des loyers exorbitants, dépassant de loin la limite légale fixée par la loi. Tandis que d’autres ‘bailleurs’ se soumettent aux règles régissant les prix des loyers, en réclamant des « petits gestes », autrement dit, ils exigent des sommes assez élevées pour leur compte.

Il est de connaissance commune que le montant du loyer en Suède dépend entièrement de l’office municipal du logement de la commune. Ce dernier prend en considération la date de construction de la propriété et le niveau de confort qu’elle offre aux futurs locataires, pour établir annuellement son loyer. Le propriétaire ne peut dès lors réclamer un montant qui dépasse la somme fixée, à moins que l’appartement soit meublé. Dans ce cas, il est admissible d’augmenter le loyer de 10 à 20%.

 

De plus en plus de personnes souhaitent qu’un changement s’opère au niveau de la constitution afin d’assouplir ce système de location. Si la loi demeure inchangée, ce déséquilibre entre l’offre et la demande risque d’engendrer une bulle immobilière qui plongerait alors la Suède dans une crise aigüe.