L'immobilier au Maroc et la crise - SeleKtimmo


L’immobilier au Maroc et la crise

Par SeleKtimmo


A l’abri de la crise? C’est la question que se pose dans son édition du 13 novembre, l’hebdomadaire français l’Express qui fait un tour d’horizon du marché immobilier marocain. Les conclusions sont similaires à celles tirées par les journaux marocains tels que La vie éco ou l’économiste.

Un premier constat s’impose : les acteurs sont unanimes pour reconnaître une baisse des transactions. Le volume des transactions depuis plusieurs mois connaît un essoufflement selon les professionnels du secteur : notaires et banques. On assiste bien à un tassement de la croissance des crédits aux particuliers surtout sur le segment du moyen et haut standing.

Mais il convient de nuancer le propos car le marché semble différemment impacté par la crise.

En effet, serait principalement touché le segment du haut de gamme et du luxe et principalement le haut de gamme à vocation touristique. Ce segment correspond à celui des investisseurs étrangers qui en ces temps d’incertitudes ont principalement et par prudence différé leur achat. Selon la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers), c’est le créneau des résidences touristiques haut standing souvent destiné à la clientèle étrangère qui souffre de la conjoncture internationale et principalement les villes de Marrakech et de Tanger qui connaissent un phénomène de baisse de prix et de méventes.

Ensuite, il convient de rappeler la particularité du marché immobilier marocain, qui est celle d’un déficit de logement de l’ordre de 120 000 à 130 000 par an. Le marché marocain est tiré par une demande intérieure ce qui le mettrait à l’abri des répercutions de la crise financière. Cette demande ne va pas faiblir étant donné l’importance du déficit initial et de la demande additionnelle.

La difficulté se poserait plus en termes d’inadéquation entre l’offre et la demande et dans le manque de foncier. On trouve une surabondance d’appartements de haut standing alors que cette catégorie ne correspond pas aux besoins : les ménages marocains recherchent dans le moyen de gamme par exemple à Marrakech et Casablanca.
En effet, la couche moyenne a tendance soit à s’endetter énormément pour accéder à la propriété soit à se diriger vers le logement social qui ne lui était pas destiné.

Ensuite l’offre de foncier constructible et urbanisable se raréfie depuis 2000 ce qui se traduit par une augmentation du coût du foncier (excessif et spéculatif) d’où un renchérissement du coût final du logement et la nécessité pour les pouvoirs publics d’injecter du terrain public dans le marché pour pallier au déficit.

Cet ensemble de facteurs liés à une conjoncture internationale incertaine entraîne un glissement vers le locatif. D’une part le pouvoir d’achat des ménages ne peut pas suivre la hausse des prix et d’autre part ceux-ci espèrent une baisse des prix et adoptent un comportement d’attentisme misant sur une possible baisse des prix après des années d’envolée financière du prix du mètre carré.